Noble Vérité : la cessation de la souffrance

L’énoncé par le Bouddha de la troisième Noble Vérité est le suivant :

« Voici, ô moines, la Noble Vérité sur cessation de la souffrance. C’est la cessation et l’extinction complète de cette soif. C’est précisément l’abandon, le renoncement, la délivrance, le détachement complet de cette soif. »

« Ceci n’étant pas, cela n’est pas »

La Roue de la vie détaille la dynamique qui garde tous les êtres dans la samsâra, c’est-à-dire dans cette prison des renaissances perpétuelles (Cf. 2.5). Mais la Roue de la vie met aussi en lumière la possibilité pour l’homme de s’en libérer définitivement.

Si un maillon conditionne l’apparition du maillon suivant, cela signifie qu’inversement la disparition d’un maillon implique la disparition du maillon qui le suit.

Ainsi la loi de la production conditionnée « ceci étant, cela est », a son symétrique : « ceci n’étant pas, cela n’est pas ».

En observant les différents maillons de la Roue de la vie, on peut remarquer que la soif, n’est ni la première, ni l’unique cause de l’apparition de la souffrance. Elle ne constitue finalement qu’un maillon de la chaîne.

Pourtant la soif occupe une place centrale dans les Quatre Nobles Vérités. Pourquoi ? Tout d’abord parce qu’il s’agit de la cause la plus directe, la plus palpable de la souffrance. Mais surtout parce qu’il s’agit d’un maillon de la chaîne sur lequel on peut agir.

Si par nos actions nous avons généré de l’énergie karmique, il y aura alors une nouvelle naissance, nous ne pourrons pas l’empêcher. S’il y a une nouvelle naissance alors il y aura une mort, nous ne pourrons pas l’empêcher etc… En revanche nous pouvons agir sur la soif, le désir qui porte les actions et génère de l’énergie. La soif constitue le maillon faible de la chaîne celui que nous pouvons briser pour nous libérer de ce cycle infernal. C’est pour cela, que la soif occupe une place centrale dans les Quatre Nobles Vérités car elle constitue la porte de sortie de la Roue de la vie.

Le Nirvana

Le Nirvana c’est la cessation, la libération, la fin du cycle des renaissances, la fin de la souffrance, l’extinction définitive de cette illusion d’exister.

Pour reprendre l’image de la bougie magique (Cf. 2.4), la libération correspondrait à la flamme qui s’éteint et ne se rallume pas. Pour cela, il n’y a qu’un moyen : il faut que la bougie n’ait plus de combustible, plus de cire, et que la flamme s’éteigne d’elle-même.

Autrement dit, la libération s’opère lorsque nous n’avons plus en réserve d’énergie liée à des actes que nous aurions accomplis.

Le premier pas vers la libération est donc de ne plus alimenter notre réserve d’énergie avec de nouveaux apports. C’est-à-dire qu’il ne faut plus réaliser d’actes qui génèrent de l’énergie karmique. Or c’est le désir, la soif, l’attachement qui porte l’acte qui génère de l’énergie. Un acte dépourvu d’attachement ne génère pas d’énergie.

Ainsi tout l’objet de l’ascèse bouddhique est de faire éteindre la soif, de faire preuve d’un détachement tel que les actes ne génèrent plus d’énergie.

Une fois que l’individu est parvenu à ne plus être esclave de la soif, c’est qu’il a atteint l’éveil, qu’il est libre et ne vit plus dans l’illusion d’une existence propre. Il voit le monde tel qu’il est. Il n’a plus qu’à attendre que l’énergie qu’il avait accumulée avant d’atteindre l’éveil s’épuise pour être définitivement libéré.

L’arhat

Un arhat est une personne qui a atteint l’éveil. A la mort d’un arhat, étant donné qu’il n’y a plus d’énergie nécessaire au maintien des agrégats, ces derniers se séparent et empêchent définitivement toute possibilité de renaissance. Cet état est le nirvana parfait.
4ème Noble Vérité : le Noble Chemin de l’Octuple
L’énoncé par le Bouddha de la quatrième et dernière Noble Vérité est le suivant :

« Voici encore, en vérité, ô moines, la Noble Vérité sur le chemin qui mène à la cessation de la souffrance : c’est le Noble Chemin de l’Octuple, à savoir :

– La vision juste
– La pensée juste
– Le parole juste
– L’action juste
– Les moyens d’existence justes
– L’effort juste
– L’attention juste
– La contemplation juste. »

Le Noble Chemin de l’Octuple constitue le chemin permettant d’atteindre l’éveil. Il est constitué de huit axes de progression précédemment cités.

Nous n’allons pas reprendre ici le détail de chacun de ces axes mais nous allons voir son principe général : Ces huit aspects du chemin doivent être pratiqués simultanément. On ne peut pas avoir une parole juste avec une pensée non-juste. C’est un peu comme s’il s’agissait de huit perles attachées entre elles par un fil. Lorsque l’on avance l’une des perles, elle aura tendance à tirer les autres. Si on porte une attention particulière à avoir des actions justes, ce travail aura inévitablement des conséquences sur nos pensées, nos paroles, notre vision etc… Inversement si on a une pensée non-juste, elle nous bloquera à un moment ou à un autre dans notre progression vis-à-vis des sept autres aspects.

Il faut ainsi travailler chacun des huit axes du Noble Chemin de l’Octuple pour progresser, éteindre la soif, briser le huitième maillon de la Roue de la vie, se libérer du cycle des renaissances et atteindre le nirvana.

Le Bouddha est souvent appelé le Grand Médecin. Les Quatre Nobles Vérités sont articulées comme un rapport médical :

1ère Noble Vérité : le diagnostique, tout est souffrance.
2ème Noble Vérité : l’origine de la souffrance, la soif.
3ème Noble Vérité : la guérison possible, le nirvana.
4ème Noble Vérité : la thérapie, le Noble Chemin de l’Octuple.

Le mahayana (grand véhicule)
Le theravada (petit véhicule)