Karma et renaissances, religions indiennes

Karma et loi karmique

Karma est un terme sanskrit dont la racine signifie « acte ». Il peut avoir plusieurs sens, il peut signifier l’ensemble des actes commis par un individu ou la conséquence de ces actes ou bien encore l’enchaînement des causes et des effets.

La loi karmique est un élément central dans les religions indiennes, c’est-à-dire dans les religions nées en Inde telles que l’hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme ou le sikhisme.

Elle postule que tout acte moralement qualifiable connaîtra dans un temps plus ou moins différé sa juste rétribution. Ainsi un acte positif aura des conséquences positives sur l’individu qui l’a fait. Inversement un acte négatif aura des conséquences négatives sur l’individu qui en est l’auteur.

2 – Une loi universelle et impersonnelle
Il ne s’agit pas d’une récompense ou d’une punition. La loi karmique est une loi universelle et impersonnelle comme peut l’être la gravitée. Le désir qui porte un acte génère une énergie et donne une direction, positive ou négative, à cette énergie. La libération de cette énergie va avoir des conséquences. Ces conséquences seront orientées par la direction impulsée à l’énergie. Ainsi un acte qui génère une énergie positive, aura des conséquences positives et inversement. Il n’est pas question ici d’une récompense ou d’une punition, mais d’une « mécanique » universelle.

Un acte génère une énergie avec une certaine direction et une certaine intensité. Les conséquences de cet acte auront la même direction et la même intensité, mais elles ne seront pas forcément du même ordre. Par exemple sauver quelqu’un de la noyade peut avoir pour conséquence d’avoir une promotion professionnelle.

3 – Les renaissances
Les actes que l’on commet génèrent du Karma, de l’énergie. D’un côté cette énergie s’accumule au fur et à mesure des actes posés et d’un autre elle se libère avec le temps en engendrant diverses conséquences. Si à l’instant ou une personne meurt, il lui reste encore de l’énergie non libérée, cette énergie va transmigrer vers une nouvelle existence. Elle va engendrer une renaissance. La naissance d’un nouvel être vivant qui subira les conséquences positives ou négatives des actes commis durant la vie ou les vies qui l’ont précédé. Ainsi tout acte connaîtra sa juste rétribution dans cette vie ou dans une autre.

4 – Responsable de son présent, responsable de son avenir
La loi karmique responsabilise l’individu. Nous sommes responsables de notre situation actuelle. Un sans domicile fixe, selon ce principe, paye les conséquences d’actes qu’il a commis dans cette vie ou dans une vie passée. Inversement une personne riche, bénéficie des conséquences positives d’actes réalisés dans le passé. Nous sommes aussi responsables de notre avenir. Si le sans domicile fixe se comporte de manière éthique il bénéficiera dans l’avenir des conséquences positives des actes qu’il pose. Inversement si la personne riche commet des actes négatifs, il en paiera les conséquences dans cette vie ou dans une vie future. Ainsi le monde actuel, dans les disparités sociales qu’il génère n’a rien de scandaleux, il n’est que le reflet des actes commis dans le passé. Il n’existe pas d’injustice. Le monde est fondamentalement juste. Ce qui nous arrive aujourd’hui, nous l’avons mérité, et nous avons entre nos mains la pleine responsabilité de ce qui va nous arriver dans l’avenir. Tout dépend de la manière dont on va se comporter.

5 – La libération
Pour les religions indiennes le cycle des renaissances ne constitue pas une sorte d’immortalité terrestre dont nous pourrions jouir mais il s’agit en réalité d’une prison dont il faut s’évader. Le cycle des renaissances se nomme le samsâra qui signifie en sanskrit « ensemble de ce qui circule ». La libération du samsâra se nomme nirvâna dans le bouddhisme et moksha dans l’hindouisme et le jaïnisme.

Il existe selon les écoles des divergences dans la compréhension de certains aspects du karma et dans les méthodes de libération à mettre en œuvre.

Nous allons prendre l’exemple du theravada, le bouddhisme ancien. Pour cette école bouddhique la production de karma, d’énergie est conditionnée par trois éléments :

– l’intention d’agir

– l’acte lui-même

– la satisfaction d’avoir agi

Si ces trois éléments ne sont pas présents, il n’y aura pas de karma produit.

C’est l’énergie générée par nos actes qui ne s’est pas libérée au cours de notre vie, qui, lors de notre mort va engendrer une renaissance. Autrement dit s’il n’y a plus d’énergie « en réserve » à l’instant de notre mort alors il n’y a plus de renaissance. C’est la libération. Or pour qu’il n’y ait plus d’énergie il ne faut plus commettre d’actes qui génèrent du karma et laisser l’énergie accumulée dans le passé produire ses effets en se libérant. C’est là tout l’objet de l’ascèse bouddhique. L’objectif du bouddhisme ce n’est pas de poser des actes qui génèrent une énergie positive pour améliorer son avenir, mais c’est de ne plus générer d’énergie du tout pour ne plus renaître.

6 – Profiter de notre naissance humaine
On peut renaître sous différentes formes : humaine, animale, sous les trais d’un deva (un dieu) etc… Mais parmi tous ces êtres seul l’homme a une emprise sur son karma, les autres ne font qu’en subir les conséquences. Or on ne renaît qu’exceptionnellement en tant qu’homme. Certaines écoles hindoues avancent le chiffre de 52 millions. Une naissance sur 52 millions serait humaine. Ainsi lorsque l’on renaît homme il faut profiter de cette opportunité exceptionnelle pour tenter de prendre sa destinée en main et de travailler activement à sa libération. Car cette vie humaine terminée il faudra attendre 52 millions de vies pour pouvoir agir à nouveau sur son karma.

Le mahayana (grand véhicule)
Le theravada (petit véhicule)